On me reproche de ne m'en prendre qu'à LMCU.
Qu'on se rassure j'en ai aussi à dire sur le CSA dont les choix sont purement idéologiques: oui aux télé privés et non aux télés de service public. Il y a beaucoup d'exemples.
Alors voici le courrier que j'envoie à M. Boyon président du CSA ainsi qu'à chacun des conseillers.
Lille le 1 novembre 2008
M. Michel BOYON
Président
Conseil supérieur de l’audiovisuel
Monsieur le président,
Nous avons appris que le CSA avait choisi de présélectionner le dossier de « Grand Place TV » pour la fréquence TNT de Lille-Lambersart, éliminant du même coup la proposition de « Télé Lille » dont je suis le représentant.
Ce choix a suscité auprès des très nombreux professionnels avertis et expérimentés qui nous soutiennent un sentiment de surprise, pour ne pas dire d'incrédulité.
En effet, l'audition des porteurs du projet « Grand Lille TV » a fait apparaitre de nombreuses incohérences éditoriales que les sages du CSA n'ont pas manqué de souligner : effectifs insuffisants au regard du programme de travail, absence de réflexion sur les contenus, inadéquation entre les moyens techniques et les moyens humains. Il est peu probable que « Grand Lille TV » puisse fournir un volume suffisant pour assurer 50 flashes d'information par jour, tel qu’annoncé dans le projet qui vous a été soumis.
Par ailleurs le projet financier, jugé sérieux compte tenu des apports en capital et en fonds propres, s'appuie sur des éléments prévisionnels manifestement faux, à savoir l'existence d'un marché publicitaire estimé à 8 millions d'euros par an. C’est une estimation fantaisiste qui n’est vérifiée nulle part, dans aucune métropole française, y compris en tenant compte du transfert d'une partie de la publicité nationale des chaines publiques sur la télévision locale.
Nous avons la conviction, de surcroit, que votre appréciation n'a pas tenu compte de la situation tout à fait particulière de la métropole lilloise où deux fréquences vont se chevaucher et se concurrencer, rendant plus aléatoire encore l'accès aux ressources publicitaires.
J'ai la certitude que l'option privée affichée par « Grand Lille TV » est de pur affichage et que « Grand Lille TV » recourra, comme nous l'avons envisagé dés le départ, aux fonds des collectivités locales ou mourra d'un déficit que ses actionnaires, nous les connaissons, ne sont nullement décidés à couvrir au delà de la période des deux premières années.
A l'inverse, notre proposition a été jugée par plusieurs spécialistes comme cohérente, réaliste, professionnelle et adaptée. Elle s'est appuyée sur le travail très nombreux acteurs locaux, et pas seulement associatifs, ce qui n'a en rien été pris en compte.
Notre projet éditorial n’a suscité aucun commentaire critique de la part du CSA, pas plus que les propositions financières qui vous ont été présentées par le représentant d’un groupe d’industriels expérimentés.
Il faut dire que le temps de notre audition a été réduit à 20 minutes contre 30 pour les autres projets, ce que les enregistrements de la séance permettent de vérifier et qui peut paraitre discriminatoire au regard des principes d’égalité de traitement inscrits dans la Loi.
Il semble aussi que le CSA et ses services n’aient pas pris en compte ma lettre du 3 septembre dans laquelle j’indiquais que nous nous étions transformés en Société coopérative d’intérêt collective.
S’il s’avérait que la CSA avait marqué une préférence pour une structure économique de type capitaliste au détriment d’une structure coopérative il s’agirait d’un abus de pouvoir. Le Conseil se doit en effet de respecter une parfaite neutralité quand à la nature des structures économiques, dés lors qu’elles sont conformes au droit des sociétés.
Convaincu d'être victime d'une injustice et que la CSA a privilégié un projet de nature commercial à un projet à volonté citoyenne, je demande :
· De m’autoriser à prendre connaissance de tous les éléments qui ont permis au CSA d'opter en faveur du projet de »Grand Lille TV » contre celui de « Télé Lille », à savoir le rapport des services et le rapport de la commission technique nous concernant, ainsi que le compte rendu des délibérations de votre assemblée.
· De m'autoriser à disposer d’une copie du dossier « Grand Lille TV » ce à quoi M. Bruno Lécluse son directeur s'est toujours refusé alors qu'il s'agit d'un document d’engagement auprès d’une instance publique, la haute autorité que vous représentez.
Enfin, je vous annonce mon intention ce suivre de prés la conclusion de la convention qui permettra à « grand Lille TV » d’émettre sur la fréquence de Lille-Lambersart.
Je ne permettrais pas que l’autorisation d'émettre qui sera donnée à « Grand Lille TV » puisse l'être sur la base d'autres éléments que ceux qui ont permis au CSA de la sélectionner. Et je veillerais scrupuleusement au respect de tous les engagements, y compris les plus inapplicables.
J’ai l’intention d’user de tous mes droits de citoyens, auprès des instances nationales et européennes, pour obtenir l’information à laquelle j’ai droit.
Cela peut également passer par le recours à l’opinion publique qui a le droit d’être informé sur le choix d’une Autorité publique, nommée par l’Etat républicain pour, selon la Loi, « garantir le plein exercice de la liberté de communiquer », veiller « au caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion", assurer « l’expression du pluralisme externe fondée sur la diversité des opérateurs »[i].
Je vous prie d’agréer, monsieur le président, l’assurance de mes sentiments respectueux.
Régis VERLEY
PDG de la SA- SCIC Télé Lille
[i] Article 3-1 de la Loi Loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel contribue aux actions en faveur de la cohésion sociale et à la lutte contre les discriminations dans le domaine de la communication audiovisuelle. Il veille, notamment, auprès des éditeurs de services de radio et de télévision, compte tenu de la nature de leurs programmes, à ce que la programmation reflète la diversité de la société française... »
samedi 1 novembre 2008
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1 commentaire:
Comment avez vous pu croire un seul instant que Mme Aubry, presidente de LMCU, qui finance avec nos impôts un stade de 50 000 places à la place des actionnaires milliardaires du Losc appuierait votre projet de tele citoyenne qui priverait le foot business régional d'une formidable source de profit ?
Si LMCU ne finançait pas le stade, vous auriez eu plus de chances de voir se realiser votre projet. Conclusion : il faut tuer ce stade calamiteux et qui coûterait entre 30 et 40 fois plus de le projet de Grimonprez Jooris 1 dont la cour d'appel de Douai nous a débarassé.
Pour la télé : Il faut constater que plus le television progresse au plan technique, plus la stupidité s'etale en haute definition. A tel point que c'est devenu un axiome.
Créez votre chaîne en fichiers sur you tube et si c'est bon, on regardera
11 novembre 2008 01:3
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