mercredi 19 novembre 2008
Bravo
" Le Conseil supérieur de l'audiovisuel veille, sur l'ensemble du territoire, à ce qu'une part suffisante des ressources en fréquences soit attribuée aux services édités par une association et accomplissant une mission de communication sociale de proximité, entendue comme le fait de favoriser les échanges entre les groupes sociaux et culturels, l'expression des différents courants socioculturels, le soutien au développement local, la protection de l'environnement ou la lutte contre l'exclusion".
Dommage que M. Boyon n'ait pas lu notre dossier... à moins qu'il ignore la Loi.
lundi 17 novembre 2008
Match pas vraiment nul
Explications :
D'un côté je suis d'accord sur le principe de ne pas tirer à vue sur ce qui se présentait comme un concurrent et non un adversaire. Dans ce genre d'appel d'offre, la règle élémentaire est de se montrer fair-play... quand les règles, elles aussi les plus élémentaires d'équité sont respectées !
S'il est inutile de ressasser les conditions de cette parodie de cooptation du CSA, je soutiens que, dans cette affaire, Télé Lille n'a pas perdu. Pas perdu parce que son projet était solide, cohérent, consensuel, analysé et surtout honnête. En face, sorti de l'effet bling-bling du prestige d'un dossier sonnant et trébuchant, costard-cravaté - histoire de rappeler aux Sages qu'ils sont du même monde - et cornaqué par la Mandarine locale, le contenu demeure aussi mystérieux que la recette d'un parti socialiste unifié.
Qu'elle doit-être géniale et visionnaire cette future programmation, soigneusement conservée à l'abri des regards indiscrets. Dites vous bien que l'argent crée tout, les idées ne rapportent rien, et que la bonté d'âme ne trouve jamais de cavalier au bal des faux-culs. VDN fait d'ailleurs figure de danseuse étoile en portant depuis plus de cinquante ans et sans la moindre honte le poids d'un journal fondé par des résistants et accaparé illico à la Libération par des collabos (que je sache, le livre de Frédéric Lépinay n'a jamais été traîné devant les tribunaux).
Laissons toutefois le soin à la future télé métropolitaine de faire ses preuves car quelque soient les circonstances de sa nomination, elle aura bientôt une existence visuelle et sonore. Et qu'importe si ce discours ne se drape d'aucune illusion.
Car d'illusion je n'en ai plus à l'endroit des élus, financiers, industriels et autres plénipotentiaires de la société civile. Les membres actifs - et expérimentés - de Télé Lille liront mes propos comme une redondance lorsque j'avance que nous sommes tombé dans le déni de démocratie permanent. Surtout depuis qu'on ne fait plus de la politique par vocation mais pour en faire profession. Dès lors, nos élus ne sont plus des quidams mais une caste qui n'en recourt aux citoyens que pour assouvir leurs fins électorales.
Voilà donc peut-être LA seule raison qui doit pousser les initiateurs de Télé Lille à faire survivre leur idéal : faire office de vigie face aux programmes que distilleront les deux "heureux" élus. Car LMCU et le conseil régional injecteront des sommes non négligeables, l'argent du contribuable, c'est à dire le nôtre. Oui le nôtre, même si moi, irréductible séparatiste artésien, je ne dispose pas d'une information locale. Mon fils aura peut-être un jour cette chance de ne pas se voir imposer dans sa lucarne le nombrilisme, la jubilation ou les atermoiements d'une métropole qui est persuadée que son sort ne peut que passionner les habitants de Saint-Pol-sur-Ternoise à Arras en passant par Lens ou Béthune, au total des centaines de milliers d'habitants. On s'en fout ! Comme quoi la vie est mal faite : entre désert médiatique et espace médiatique saturé mais consternant d'insipidité, tout le monde est frustré. En tout cas, les débats organisés prochainement à Roubaix auront certainement le mérite de pousser la réflexion et -rêvons un peu - pourquoi pas l'adhésion.
J'essaierais de conclure cette prose sur une note positive. "Là-bas si j'y suis", émission citoyenne s'il en est, a beau avoir été reléguée de la tranche de 17h à celle de 15h (France Inter ne pouvait pas la supprimer, ça se serait vu...) elle est toujours aussi vivace, mordante et écoutée. Elle s'est créée un réseau d'auditeurs "modestes et géniaux" déterminés à prolonger le débat dans leurs régions (café chez Tartous à Monchy-Breton pour le Pas-de-Calais). Elle propose des lectures de journaux (Monde diplo, Plan B, Siné Hebdo...) et d'ouvrages qui ne trouvent pour ainsi dire jamais un strapontin sur les plateaux polissés (policier ?) de télévision. Un soupçon d'espoir pour se dire que la pensée unique a peut-être son avenir derrière elle. Qu'il ne faut pas faiblir en rappelant, "ce que tout le monde semble oublier, à savoir qu'un média n'est pas un objet neutre et creux, qu'une télévision selon qu'elle est citoyenne ou commerciale ne diffusera pas les mêmes messages et n'aura pas la même fonction et surement pas la même utilité." Bien dit Régis. "Nous vivons sous le régime d'un parti unique, le parti unique des affaires". Bien repris Richard. Match nul. Quand je vous disais que Télé Lille n'avait pas perdu.
Aprés l'échec
le 27 novembre entre 14 et 16 heures à l’IUP Infocom de Roubaix
La décision sur CSA est tombée. Elle est favorable à Télé Mélody. Le projet de « Télé Lille » était trop citoyen, trop proche et trop innovant pour les « sages » du CSA et sans doute aussi pour les politiciens de Lille Métropole communauté urbaine.
Une bataille perdue, ce n’est pas la déconfiture totale. Nous avions prévu d’ouvrir des ateliers « citoyens » autour des enjeux de la télévision locale. Il faudra sans doute que les deux éditeurs, Grand’Place avec le Conseil régional, TV Grand’Lille avec le LOSC, ouvrent des fenêtres citoyennes et nous nous y préparons.
Même si les conditions ne sont plus ce que nous aurions souhaité qu’elles soient, nous ne voulons pas laisser perdre une dynamique que nous avons lancé et que nombre d’entre vous ont accompagné.
Les « rencontres de l’économie sociale et solidaire » nous proposent d’animer un débat le 27 novembre entre 14 et 16 heures à l’IUP Infocom de Roubaix. Nous espérons que vous y viendrez. Peut-être y lancerons-nous les bases d’une nouvelle aventure, de nouveaux projets, d’une structure de défense de la citoyenneté sur la télé locale.
Et bien sur, si vous ne pouvez vous libérer pour participer faites nous part de vos avis. Vous pouvez communiquer sur notre blog : « http. telelille.blogspot.com ou sur notre site www.telelille.org, ou nous envoyer un courrier à tele.lille@orange.fr.
Contact : Régis VERLEY
tele.lille@orange.fr
You Tube ?
Comment avez vous pu croire un seul instant que Mme Aubry, presidente de LMCU, qui finance avec nos impôts un stade de 50 000 places à la place des actionnaires milliardaires du Losc appuierait votre projet de tele citoyenne qui priverait le foot business régional d'une formidable source de profit ?
Si LMCU ne finançait pas le stade, vous auriez eu plus de chances de voir se realiser votre projet. Conclusion : il faut tuer ce stade calamiteux et qui coûterait entre 30 et 40 fois plus que le projet de Grimonprez Jooris 1 dont la cour d'appel de Douai nous a débarassé.
Pour la télé : Il faut constater que plus le television progresse au plan technique, plus la stupidité s'etale en haute definition. A tel point que c'est devenu un axiome.
Créez votre chaîne en fichiers sur you tube et si c'est bon, on regardera
Débats
Et bien, jugez-en vous meme...
Richard a écrit :
Bonjour Régis,
En fait jai réfléchi un peu, je ne pense pas judicieux de publier les notes prises ici ou là sur Télémélody. Je pense que cela fait revanchard. Après tout, un média peut chercher sa cible "la plus rentable" et là-dessus Télémélody a réussi.
Ce que nous voulions contester, c'est le "merchandising" ou la "marchandisation" de l'info et du divertissement, et montrer qu'il était possible d'inventer d'autres voies pour faire entendre la voix des sans-voix. Mais là, l'économie de marché a tranché. Les "rêveurs", les "généreux", les pauvres, ne sont pas rentables. Nous avons perdu. Tant pis.
Ce qui m'irrite le plus, bien sûr, comme toi, comme nous tous, c'est toute la "combinazzione" qui entoure les choix du CSA et du PS local. Et là, bien évidemment, c'est une autre histoire sur laquelle nous n'avons aucune prise.
Noam Chomsky, le grand linguiste altermondialiste du MIT, disait il y a quelques temps (Siné Hebdo 5 nov 2008) : aux Etats Unis nous vivons sous le régime d'un parti unique, le parti unique des affaires, lequel a deux tendances, les conservateurs et les démocrates. On peut dire la même chose chez nous de la sarkozie et de la socialie. Mais la droite reste quand même plus dure que le PS mou.
Warren Buffett, l'homme le plus riche du monde, a dit aussi ceci : *"Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner"*.... A suivre dans le dernier livre de François Ruffin, le journaliste du Fakir à Amiens et de "Là-bas si j'y suis" chez Mermet - "La Guerre des Classes" (Fayard). Où il dresse entre autres un portrait impayable de Vincent Peillon, le deux fois battu aux législatives dans la Somme et qui parle en ce moment au nom de Ségolène Royal.
Bonne journée
Même si ca fait un peu guéguerre, je pense qu'il est malgré tout intéressant de dire les choses. J'admets que le coté revanche fait un peu primaire et qu'aprés tout ce n'est pas à Mélody qu'il faut s'en prendre.
En meme temps je suis persuadé que le parler vrai est indispensable dans la mesure ou je m'attends à ce que demain les choses apparaissent naturelles - pourquoi LMCU ne soutiendrait-elle pas une télé Mélody puisque c'est le CSA qui a voulu qu'il en soit ainsi et qu'on a besoin d'info locale ? Pourquoi pas un accord Mélody -VDN puisque nous meme avons posé le principe d'un régulation de la concurrence ? Pourquoi pas un soutien accru du LOSC puisqu'il s'agit de maintenir en vie un support déficitaire menacé ?...
Mon objectif c'est que soient inscrits dans quelques mémoires (je ne me fais pas d'illusion, c'est seulement "quelques") le fait qu'il y avait une autre solution et que ceux qui avaient le pouvoir de faire que les choses soient autres ne l'ont pas fait et que le non-choix était un choix actif.
Je n'ai pas été à la conférence sur "Karl Marx : le retour" organisé par Cité Philo mais je suggére une conférence "Mc Luhan : le retour": pour rappeler, ce que tout le monde semble oublier, à savoir qu'un média n'est pas un objet neutre et creux, qu'une télévision selon qu'elle est citoyenne ou commerciale ne diffusera pas les mêmes messages et n'aura pas la même fonction et surement pas la même utilité.
Je trouve que tout ces débats que nous menons peuvent l'etre publiquement et si tu en es d'accord je peux mettre sur le blog à la fois ta réaction et aussi pourquoi pas la mienne.
jeudi 13 novembre 2008
Ca va changer
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a publié les résultats d'une étude quantitative sur la diversité dans les médias audiovisuels. Le verdict est sans appel : le petit écran français reste toujours aussi pâle et a bien du mal à refléter la réalité de la société.
Mais sur que le CSA va changer tout ça et ouvrir la porte à ceux qui veulent refléter la réalité sociale française !
Les dessous de Mélody
Nous avons été battus par les curés et les séniors - la grande distribution et la droite dure, semble-t-il.
En plus, depuis janvier 2008, des accords sont passés entre Télémélody et la Voix du Nord, notamment pour échanges d'actu sur Radio Contact, le Web... et (?) la TNT vraisemblablement.
Le CSA a clairement voté pour le pluralisme de la presse. Et, du côté de la VDN, on peut dire qu'on nous a gentiment mené en bateau.
Pour ma part, je ne regrette rien, j'ai bien rêvé... et ça me fait rire aujourd'hui !Amitiés à tous.
Richard
Extraits de Wikipedia
Qui est Télémélody ?
Capital
Cette chaîne dispose d'un capital de près de 2,5 millions d'euros et est soutenue financièrement par de nombreux entrepreneurs du Nord de la France. Plusieurs groupes déjà actifs dans l'audiovisuel ou le secteur de l'édition, sont également présents dans son capital. Le Figaro, en juillet 2006, a révélé le nom des actionnaires de la chaîne : Medias Participations, Contact Groupe, AFIBEL.
QUI EST LE GROUPE CONTACT ? -
C’est Radio Contact ici, + Radio Quinquin +..... Télémélody
Groupe CONTACT – Groupe VOIX du NORD : les 2 principaux groupes media du Nord de la France scellent un partenariat autour du traitement de l’actu
Elaboré avec l’assentiment des PDG des 2 groupes par les directions Marketing & Communication, un accord de partenariat a été acté entre la direction d’antenne & des programmes de CONTACT et la direction de la rédaction du titre LA VOIX des SPORTS.
Cet accord intervient en phase de lancement de l’hebdomadaire LA VOIX des SPORTS ‘nouveau format’ et le lancement d’une Nouvelle Emission programmée sur CONTACT les vendredi, samedi et dimanche intitulée ‘Le club’, émission principalement dédiée à l’actualité du divertissement & du loisir à vivre le W.E. dans le grand nord de la France.
Cet accord s’articule sur une participation des équipes de la Voix des Sports au traitement « live » des news relatives aux grands évènements de divertissement sportif organisés en région ou animés par les grands clubs sportifs de la région.
Dans un 1er temps concentré sur l’hebdomadaire et sur la radio, l’accord devrait sous peu s’étendre aux sites web des 2 groupes, l’un assurant la diffusion du programme CONTACT alors que l’autre assurera la retransmission live des images captées autour de l’Actu Foot par NEP TV, filiale du Groupe VOIX du NORD.
Qui est le groupe Media Participation ?
« Avec un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, Media-Participation regroupe Rustica, Détours en France, Votre Maison ou encore les éditions Dargaud et Fleurus. » Stratégie.fr 2002
Le groupe Media Participation est un groupe conséquent... C'est aussi un énorme pôle religieux : la maison édite notamment tous les livres professionnels utilisés par tous les curés et les prêtres (bibles, lectionnaires, concordances,...), autrement dit, les ouvrages validés par l'imprimatur du Vatican. Comparé à Bayard, qui est également un éditeur religieux et catholique, Media, c'est la droite dure et Bayard, les religieux modérés....
Qui est le groupe AFIBEL ?
Une entreprise de VPC basée à Roubaix et qui équipe la ménagère de plus de 50 ans.
AFIBEL est spécialisée dans la vente par correspondance de vêtements pour les femmes de plus de 50 ans... Distributeur spécialisé de prêt-à-porter, de lingerie et de chaussures pour femme, AFIBEL propose également des articles pour le bien-être, l'équipement de la maison, et des vêtements pour hommes.
D’autre part, Télémélody, la société de production et de diffusion de programmes pour les séniors, vient de créer MELODY ZEN, le 23 janvier 2008, la chaîne qui diffuse sur le satellite les beaux paysages de France, des prés avec l’eau qui coule, et même les conseils d’un médecin pour vous dire relax, détendez-vous !
Pour la stratégie marketing bien pensée de Télémélody, voir : http://www.lemarchedesseniors.com/directory/dossier.php?id=4
Juste un commentaire :
La génération des baby-boomers (ex-soixante-huitards) est devenue la génération des conservateurs (comme on l’a remarqué aux Etats-Unis lors de l’élection de Barak Obama). Ce sont eux les coeurs de cible des médias. (Voir Médiamétrie et socio-styles pour TF1, France 2, France 3, RTL, France Bleu...)
Le rapprochement Voix du Nord/Télémélody, déjà en route, est inévitable dans un paysage concurrentiel. Nous assistons à la naissance d’un groupe multimédia amené à devenir puissant et transfontalier, radios, télés, satellite, TNT, web, journaux... Dans la ligne que recommande le Président Sarkozy aux Etats Généraux de la Presse, il faut des groupes puissants et multimédias pour assurer la liberté de la presse.
La stratégie, très bien pensée économiquement, exclut les 18/35 ans qui vont sur Internet et inventent de nouveaux modes de traitement de l’information. Parce que, pour le moment, ils n’ont pas encore le pouvoir économique.
Que reste-t-il...?
Dans la première partie des années 80, juste après les effets de la télématique, une loi porta création des réseaux câblés, et par là même, suscita la création de télévision locale qui devaient participer à l’harmonisation et à l’animation des territoires.
Dans un premier temps il y eu d’abord bagarre d’opérateurs, publics et privés, soutenus dans leurs promesses et leurs engagements par les collectivités, les entreprises, des personnalités de tout bord, se déchirant sur la fibre optique et le coaxial (RC2 pour la mémoire).
Et dans le même temps, déjà et encore, des réflexions associatives, collectives, politiques aussi, cherchaient comme pour les radios locales (en cours d’industrialisation déjà…) le comment utiliser ce nouveau droit d’expression, que dans sa grande sagesse le législateur tenait à nous attribuer.
Ah ! j’allais oublier le satellite qui, peut être, allait balayer ces technologies de bout de ficelle et empêcher ces câbles de s’accrocher aux façades et qu’il serait mieux de les enterrer et que vraiment tout ces travaux…. .
Dans un deuxième temps, l’opérateur choisi, privé pour ce qui concerne notre territoire, les politiques continuèrent à s’interroger sur la nature des relations qui devait traiter les rapports du citoyen (enfin les leurs…) avec ces nouveaux joujoux, et aussi sur les boîtiers de connexion qui n’était jamais du bon côté de la rue.
« Jamais je ne donnerai un sou à cette entreprise capitaliste » nous criait un maire qui pestait aussi sur le peu d’intérêt que portait la chaîne à sa commune (et à lui même…). Quelques année plus tard ce fut d’un ministre en visite sur les territoires et devant une expérience de TV WEB qu’il fallait entendre « Ah, monsieur le maire…la fracture numérique, la fracture numérique …..)
Mais d’animation du territoire, de la démocratie et d’autres réseaux d’hommes et de femmes, rien …ou si peu ! Seulement un éclatement du PAF, une démultiplication de l’offre, des encore nouvelles technologies et des écrans plats pour Noël, sans oublier nos téléphones portables .
Les choses s’installant, les copains, en rupture de médias traditionnels et en espérance d’autres choses, d’autres souffles, d’autres discours, proposèrent, discutèrent, se mouillèrent, vendirent leur peau en gardant leur âme et heureusement… leur chemise. Tous réussirent à agir confidentiellement ou ouvertement, assurant du débat, employant, formant des obscurs et des vedettes, transformant des emplois précaires en emplois plus ou moins stabilisés, sana compter leur temps ,en rajoutant sur les soirées et les fins de semaine.
L’expérience dura, le temps qu’elle pu durer avant les tribunaux de commerce ou de prud’homme, avant de rendre les clés, avant d’inventer d’autres aventures, en pensant un instant que la couleur verte d’un Conseil Régional, qui un moment tenta de dépasser les limites du « partisiannisme », saurait faire éclater le paysage audiovisuel régional par les micro ondes.
Et puis non tout était de trop. Il ne nous resta que ces rencontres trop rares autour d’une bière et d’une bonne bouffe pour le « tu te souviens… ? »
Et puis il y eu ce coup de téléphone annonçant l’appel à candidature du CSA, et l’aventure qui repartait et la fièvre retrouvée.
Encore parler de démocratie, de citoyenneté, de formation de citoyens, encore rencontrer, croiser de nouveau des femmes et des hommes passionnés, compétents, amoureux de leur métier, leurs métiers, leur région, leur coin de ville et de territoire….animés de leurs croyances, de leurs certitudes et de cet espoir partagé.
Alors je m’excuse moi aussi , avant de dire mais merci Régis et à tous les autres pour ces belles pages de vie.
Que reste t-il ? au moins cela, ces souvenirs et ces hiers et ces demains.
Et ce petit quelque chose qui me fait désespérer qu’un jour…..
Et qui me fait espérer que où que nous soyons, de toute façon nous recommencerons.
JMD. nov. 08
mercredi 5 novembre 2008
les pieds sur terre
Informée du projet "Télé Lille", j'avais assisté à la dernière réunion publique, en septembre. En sortant j'étais convaincue que le CSA retiendrait ce beau projet !
Nos élus n'ont vraiment plus les pieds sur terre ...
Votre courrier est bien, je l'ai déjà diffusé.
Mais ne faites pas que vous excuser : vous avez réussi à motiver autour de vous des tas de gens qui ont une vision commune de la vie dans notre métropole, et c'est déjà beaucoup !
Bien cordialement
samedi 1 novembre 2008
Questions au CSA
Qu'on se rassure j'en ai aussi à dire sur le CSA dont les choix sont purement idéologiques: oui aux télé privés et non aux télés de service public. Il y a beaucoup d'exemples.
Alors voici le courrier que j'envoie à M. Boyon président du CSA ainsi qu'à chacun des conseillers.
Lille le 1 novembre 2008
M. Michel BOYON
Président
Conseil supérieur de l’audiovisuel
Monsieur le président,
Nous avons appris que le CSA avait choisi de présélectionner le dossier de « Grand Place TV » pour la fréquence TNT de Lille-Lambersart, éliminant du même coup la proposition de « Télé Lille » dont je suis le représentant.
Ce choix a suscité auprès des très nombreux professionnels avertis et expérimentés qui nous soutiennent un sentiment de surprise, pour ne pas dire d'incrédulité.
En effet, l'audition des porteurs du projet « Grand Lille TV » a fait apparaitre de nombreuses incohérences éditoriales que les sages du CSA n'ont pas manqué de souligner : effectifs insuffisants au regard du programme de travail, absence de réflexion sur les contenus, inadéquation entre les moyens techniques et les moyens humains. Il est peu probable que « Grand Lille TV » puisse fournir un volume suffisant pour assurer 50 flashes d'information par jour, tel qu’annoncé dans le projet qui vous a été soumis.
Par ailleurs le projet financier, jugé sérieux compte tenu des apports en capital et en fonds propres, s'appuie sur des éléments prévisionnels manifestement faux, à savoir l'existence d'un marché publicitaire estimé à 8 millions d'euros par an. C’est une estimation fantaisiste qui n’est vérifiée nulle part, dans aucune métropole française, y compris en tenant compte du transfert d'une partie de la publicité nationale des chaines publiques sur la télévision locale.
Nous avons la conviction, de surcroit, que votre appréciation n'a pas tenu compte de la situation tout à fait particulière de la métropole lilloise où deux fréquences vont se chevaucher et se concurrencer, rendant plus aléatoire encore l'accès aux ressources publicitaires.
J'ai la certitude que l'option privée affichée par « Grand Lille TV » est de pur affichage et que « Grand Lille TV » recourra, comme nous l'avons envisagé dés le départ, aux fonds des collectivités locales ou mourra d'un déficit que ses actionnaires, nous les connaissons, ne sont nullement décidés à couvrir au delà de la période des deux premières années.
A l'inverse, notre proposition a été jugée par plusieurs spécialistes comme cohérente, réaliste, professionnelle et adaptée. Elle s'est appuyée sur le travail très nombreux acteurs locaux, et pas seulement associatifs, ce qui n'a en rien été pris en compte.
Notre projet éditorial n’a suscité aucun commentaire critique de la part du CSA, pas plus que les propositions financières qui vous ont été présentées par le représentant d’un groupe d’industriels expérimentés.
Il faut dire que le temps de notre audition a été réduit à 20 minutes contre 30 pour les autres projets, ce que les enregistrements de la séance permettent de vérifier et qui peut paraitre discriminatoire au regard des principes d’égalité de traitement inscrits dans la Loi.
Il semble aussi que le CSA et ses services n’aient pas pris en compte ma lettre du 3 septembre dans laquelle j’indiquais que nous nous étions transformés en Société coopérative d’intérêt collective.
S’il s’avérait que la CSA avait marqué une préférence pour une structure économique de type capitaliste au détriment d’une structure coopérative il s’agirait d’un abus de pouvoir. Le Conseil se doit en effet de respecter une parfaite neutralité quand à la nature des structures économiques, dés lors qu’elles sont conformes au droit des sociétés.
Convaincu d'être victime d'une injustice et que la CSA a privilégié un projet de nature commercial à un projet à volonté citoyenne, je demande :
· De m’autoriser à prendre connaissance de tous les éléments qui ont permis au CSA d'opter en faveur du projet de »Grand Lille TV » contre celui de « Télé Lille », à savoir le rapport des services et le rapport de la commission technique nous concernant, ainsi que le compte rendu des délibérations de votre assemblée.
· De m'autoriser à disposer d’une copie du dossier « Grand Lille TV » ce à quoi M. Bruno Lécluse son directeur s'est toujours refusé alors qu'il s'agit d'un document d’engagement auprès d’une instance publique, la haute autorité que vous représentez.
Enfin, je vous annonce mon intention ce suivre de prés la conclusion de la convention qui permettra à « grand Lille TV » d’émettre sur la fréquence de Lille-Lambersart.
Je ne permettrais pas que l’autorisation d'émettre qui sera donnée à « Grand Lille TV » puisse l'être sur la base d'autres éléments que ceux qui ont permis au CSA de la sélectionner. Et je veillerais scrupuleusement au respect de tous les engagements, y compris les plus inapplicables.
J’ai l’intention d’user de tous mes droits de citoyens, auprès des instances nationales et européennes, pour obtenir l’information à laquelle j’ai droit.
Cela peut également passer par le recours à l’opinion publique qui a le droit d’être informé sur le choix d’une Autorité publique, nommée par l’Etat républicain pour, selon la Loi, « garantir le plein exercice de la liberté de communiquer », veiller « au caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion", assurer « l’expression du pluralisme externe fondée sur la diversité des opérateurs »[i].
Je vous prie d’agréer, monsieur le président, l’assurance de mes sentiments respectueux.
Régis VERLEY
PDG de la SA- SCIC Télé Lille
[i] Article 3-1 de la Loi Loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel contribue aux actions en faveur de la cohésion sociale et à la lutte contre les discriminations dans le domaine de la communication audiovisuelle. Il veille, notamment, auprès des éditeurs de services de radio et de télévision, compte tenu de la nature de leurs programmes, à ce que la programmation reflète la diversité de la société française... »
Teloche
Reste à savoir si VDN et NE en parleront…
...
vendredi 31 octobre 2008
Le Tsunami LOSC
« Contactée à plusieurs reprises, Télé Melody qui soutient le projet avec le Losc est restée muette. Seul Xavier Thuillot, directeur délégué général du club de football a indique que cette alliance était « surtout capitalistique » et « un débouché pour la marque Losc »
Bel aveu que je mets en parallèle avec le communiqué du CSA où le Conseil annonce avoir choisi pour le site de Lambersart : « Grand Lille TV, projet présenté par la société Grand Lille TV et porté par le groupe Melody », ajoutant que cette sélection « reflète l’action volontariste engagée par le Conseil en faveur du développement des télévisions locales ».
Tout est donc bien volontaire : le silence épais qui entoure le projet Melody, l’appui du Losc, le « flou du projet » qu’évoque Gilles Durand le journaliste de 20 minutes qui a essayé d’en savoir plus.
Et voilà ce que la présidente et les vice-présidents de Lille Métropole Communauté Urbaine ont choisi de soutenir. Il s’agit d’offrir un « débouché à la marque Losc ». Vous aimerez les stylos Losc, la bière Losc, les carnets scolaires Losc, les teeshirts Losc. Et puisque le « Grand stade » ne pourra contenir que 50 000 personnes parmi le million d’habitants de la métropole, il faut bien une télé pour que nul n’échappe au tsunami Losc.
Quant à l’amateur du football, que je respecte naturellement, si à la sortie de ses deux heures de match il se retrouve chômeur, automobiliste, parent d’élève, amateur de musique, client des supermarchés, il n’est pas question qu’on lui parle d’autre chose : la vie locale, les fins de mois difficile, l’emploi, la culture, les déplacements, la famille. Tout doit se résumer au football.
J’ai dit au football ?
Je parlais simplement du Losc
[i] J’ai scanné la page de 20 minutes consacrée à la Télévision locale et métropolitaine. Si vous en voulez une copie demandez la moi à tele.lille@orange.fr
Vous pouvez également m’envoyer directement vos commentaires que je mettrais en ligne si vous préférez procéder de cette manière (ceci pour Michel qui n’a pas réussi à intégrer directement son point de vue).
« En neuf mois, Martine Aubry ne nous a jamais reçu »
"En neuf mois, Martine Aubry ne nous a jamais reçu"
Régis Verley
Journaliste, porteur du projet citoyen « Télé Lille », évincé par le CSA.
A votre avis, qu'est-ce qui a motivé le refus du CSA ?
Nous lui avons écrit pour le savoir. Mais je pense que le manque de soutien de LMCU nous a été préjudiciable.
C'est une grande déception ?
Je suis amer car en neuf mois, jamais nous n'avons été reçus par Martine Aubry pour lui présenter notre dossier. C'était pourtant l'occasion pour les élus de la Communauté urbaine de soutenir un vrai projet citoyen, et de service public.
Tenait-il la route financièrement ?
Depuis le début de l'année, nous avions constitué une société coopérative d'intérêt collectif d'un capital de 375 000 euros et qui rassemblait des assos, des banques. Avec la participation de LMCU, le dossier aurait été accepté.
Recueilli par G. D. - ©2008 20 minutes
jeudi 30 octobre 2008
article de 20 minutes Lille du 30/10/2008

Régis Verley
Journaliste, porteur du projet citoyen « Télé Lille », évincé par le CSA.
A votre avis, qu'est-ce qui a motivé le refus du CSA ?
Nous lui avons écrit pour le savoir. Mais je pense que le manque de soutien de LMCU nous a été préjudiciable.
C'est une grande déception ?
Je suis amer car en neuf mois, jamais nous n'avons été reçus par Martine Aubry pour lui présenter notre dossier. C'était pourtant l'occasion pour les élus de la Communauté urbaine de soutenir un vrai projet citoyen, et de service public.
Tenait-il la route financièrement ?
Depuis le début de l'année, nous avions constitué une société coopérative d'intérêt collectif d'un capital de 375 000 euros et qui rassemblait des assos, des banques. Avec la participation de LMCU, le dossier aurait été accepté.
mardi 28 octobre 2008
De profundis (M6 aussi)
Un média qui disparait c’est toujours triste et révoltant. Un média local qui disparait c’est encore plus triste… Mais je doute fort que tous ceux qui ont été contents à un moment ou un autre de trouver devant eux l’objectif d’une caméra et un micro pour s’exprimer n’aillent se mobiliser pour défendre une expérience pourtant unique et originale.
De profundis.
Pour avoir été –juste un tout petit peu- présent au lancement de l’expérience, je dois avouer que je n’ai jamais été fanatique du format court dont le M6 s’est fait l’inventeur. 20 seconde de voix off, + 20 secondes d’interviewes + 20 secondes de off + 10 secondes d’habillage, pour qui a déjà passé du temps devant le compteur d’un banc de montage, c’est vraiment très court.
Le défaut de la concision c’est la banalisation et l’uniformisation : sujet+verbe+complément, le chat mange la souris, Sarkozy défend les riches, le parti socialiste est divisé, les français se préoccupent de leur pouvoir d’achat, les lillois déçus (heureux) après la défaite (la victoire) du LOSC, l’Europe appauvrit les pécheurs, les voitures brulent dans les banlieues, les Chtis boivent de la bière et mangent des frites…
Patron de Télé Lille j’aurai sans doute du imposer le format court, adapté aux mentalités modernes, mais je l’aurai fait à contrecœur et surtout je me serais efforcé de laisser échapper des bulles de liberté pour le journaliste qui a envie de nuancer un propos et de s’attarder sur l’interview d’un sujet qu’il n’a pas eu envie de couper au bout de trois mots.
Mais passons. Cela fait plus de dix ans (quinze si je compte bien) que le M6 local égrène ses sujets et ouvre la soirée par une petite fenêtre locale. Minute par minute les journalistes de M6 Lille ont tissé l’image d’une région et d’une métropole où il se passe des choses, où les vrais gens existent, sortent, manifestent, se détendent. Et ce sont des milliers de sujets, d’images, de témoignages qu’on s’apprête à enterrer d’un seul coup. Sans fleurs ni couronnes. On va remplacer tout ça par du Poivre d’Arvor ou équivalent. C’est l’innovation en marche.
Certains au sein de l’équipe, lorsque qu’il apparaissait encore possible que Télé Lille existe sur la TNT, m’ont contacté pour m’offrir leurs services. Je regrette qu’ils ne se soient pas plus mobilisés et n’aient pas été présents dans le processus de construction de la future télévision régionale. Je leur conseille , hélas, d’aller voit Télé Mélody. Le format court, une minute pour tout savoir et tout comprendre, plaira surement à la nouvelle chaine locale dont ce sera la spécialité.
L’innovation du M6 a été –c’était encore l’époque des Bétacam et du montage analogique- de généraliser le JRI, caméraman, preneur de son, intervieweur et monteur. Si j’en crois ce que j’ai entendu(1), les journalistes de « Grand Lille » iront en reportage avec caméra et micro mais aussi avec un ordinateur et un clé 3G. Comme les hommes orchestres des spectacles de rue, ils filmeront, intervieweront, monteront et diffuseront leur sujet avec, on imagine, un téléphone et un oreillette pour être encore plus efficaces. Sûr qu’ils auront bien le temps d’écouter, de comprendre et d’analyser.
Vive le progrès !
Cela me rappelle l'époque ou en 1981 nous avions constitué -- à la demande des instances politiques -- des groupes de travail pour permettre l'éclosion de nouvelles radios. Elles devait être plus « libres », plus proches du citoyen, plus attentives au contexte local, plus démocratiques, plus culturelles et j'en passe... On sait ce qu'il en est adevenu ! Après quelques flottements, ce fut Fun Radio, Sky Rock, Energie et tutti quanti... Toutes ces belles radios qui élèvent désormais le niveau culturel et l'esprit citoyen de nos jeunes générations ! Au fond, c'est toujours pareil avec les politiques -- tous unis dans le même combat -- : on brandit les principes de liberté, d'égalité, de fraternité... On les enjolive de plus-values locales, culturelles, citoyennes... On les enrobe dans une démarche participative où l'on convoque le ban est l'arrière-ban de la culture, du monde professionnel et associatif... Et à la fin, c'est toujours le pognon qui gagne !
Alain Cadet
Cette /fin de partie /me choque. Comme nombre d'outrages graves à la liberté et à la démocratie dans ce Pays aujourd'hui. Merci de t'être battu pour changer quelque chose à la circulation de la parole citoyenne. Que tu n' ais même pas pu obtenir un soupçon d'échange sur le projet auprès des tutelles responsables et décisionnaires est insupportable. Tout cela va dans le sens d'un étouffement à petit feu des pouvoirs hors Etat. C'est tellement facile... Merci de m'avoir tenue au courant.
A bientôt Florence
Comment y dire qu'un journaliste en retraite estime que "Ces jours sont tristes pour la démocratie locale. Et l'information. Est-ce qu'à Lille on aurait des émules de Sarko et de ses copains de la Télé-Fric " ?
AmicalementMichel
lundi 27 octobre 2008
LE CSA PREFERE LES PROJETS D’ARGENT AUX PROJETS CITOYENS
Avec l’attribution de deux fréquences (l’une au niveau régional, l’autre pour la métropole lilloise), le CSA avait la possibilité de faire preuve d’originalité. Il a préféré suivre le chemin tracé par le président de la République qui déstabilise l’audiovisuel public pour mieux encourager les télévisions privées et satisfaire leurs actionnaires.
Pour la fréquence régionale, le projet présenté par la Voix du Nord était seul en piste. Le CSA n’avait pas le choix. Mais pour la fréquence liée à l’agglomération lilloise, le CSA avait le choix entre un projet porté par des capitaux privés liés notamment à MM. Seydoux et Mulliez et un projet citoyen présenté par une SCIC qui pouvait rassembler différents types d’associés (salariés, monde de l’économie sociale et solidaire, associations, partenaires privés et collectivités locales).
Le CSA a fait le choix de ne pas retenir ce projet qui offrait pourtant un contenu éditorial pluriel et de qualité. Il a préféré opter pour une télévision privée dont les actionnaires (on se souvient de ce qu’il en est advenu du « mieux disant culturel » que Bouygues a fait valoir pour obtenir TF1) auront surtout à cœur de rentabiliser le plus vite possible leur investissement.
Le SNJ-CGT déplore ce choix qui ne fait que confirmer la mise de l’information sous tutelle de groupes privés qui seront, pour l’un d’entre eux, en situation de quasi monopole régional. Dans cette bataille des audiences et de la publicité qui va faire rage, on peut craindre en effet que la qualité des programmes ne soit sacrifiée sur l’autel du profit et de la rentabilité maximum.
On peut aussi regretter que les collectivités régionales, et notamment la communauté urbaine de Lille, n’aient pas su faire le choix de soutenir un projet de télévision citoyenne. Ce faisant ils nous montrent ainsi que, en matière d’information, ils n’ont toujours pas compris le déficit de débat démocratique qu’engendre la concentration des médias.
Lille le 24 octobre 2008
Le CSA vient de rendre son verdict pour l’attribution de la fréquence TNT métropolitaine. La candidature de « Télé Lille » que nous avons portée collectivement depuis janvier 2008 a été écartée au profit de celle de « Télé Grand Lille » portée par un groupe d’investisseurs privés.
Je me garderai bien d’émettre un jugement sur le projet « Grand Lille » dont je ne connais rien. Tandis que le notre a été discuté, mis en ligne, présenté au cours d’innombrables rencontres et débats publics, celui-ci est resté secret, et seuls quelques rares initiés ont eu le droit de connaitre les propositions de développement d’un média local grand public. Et c’est dans le secret que le bureau de la communauté urbaine, LMCU, lui a apporté son soutien.
Pour le CSA tout est clair. Le pluralisme passe par la libre concurrence. Qu’importent les conséquences d’une concurrence sauvage entre deux médias neufs et fragiles. Le libéralisme ne supporte ni arrangements, ni règles, ni réflexion sur le service rendu aux téléspectateurs. La liberté d’entreprendre est seul régulateur. Comme dans la finance ?
Une chose a manqué au projet de « Télé Lille » que tous ont jugé cohérent, réaliste et adapté au contexte local : le soutien réel de LMCU à un projet citoyen, correspondant au programme qu’une majorité des élus communautaires ont adopté sous le titre «vivre ensemble l’Euro-métropole».
En neuf mois, la présidente de LMCU n’a répondu à aucun de mes courriers, n’a jamais accepté de me recevoir, n’a participé ni délégué quiconque à aucune des réunions publiques que nous avons organisées. Il n’en a pas été de même pour les autres porteurs de projets de télévision candidates sur les fréquences, locale et régionale.
Alors, je dois des excuses à tous ceux que j’ai entrainés dans l’aventure.
Je m’excuse auprès des centaines de participants aux réunions publiques que nous avons organisées et à qui j’ai permis de penser que leur avis, sur un média qui les concernait, pouvait avoir de l’intérêt.
Je m’excuse auprès des sportifs, dirigeants de clubs, joueurs, amateurs à qui j’ai proposé une ouverture sur le monde du sport. « Télé Grand Lille » est propriété, à 40%, du patron du LOSC et ce sera donc « Télé Grand Stade ».
Je m’excuse auprès des dirigeants d’associations locales à qui j’ai fait croire qu’une télévision locale pouvait être un outil de service à la population, de débat sur les quartiers, de promotion de la diversité.
Je m’excuse auprès des journalistes que j’ai laissés inventer un projet de débats où, hors des thèmes imposés par les cénacles parisiens, ils pourraient mettre face à face des acteurs locaux connus et inconnus sur les sujets de la société locale, politique, économique et sociale.
Je m’excuse auprès des acteurs culturels à qui j’ai fait miroiter la possibilité de créer, d’écrire et de jouer par et pour la télévision locale.
Je m’excuse auprès des acteurs de l’économie sociale qui ont mis leurs forces en balance et qui ont cru que les statuts d’une coopérative pouvaient être le lieu d’une gestion équilibrée entre tous les partenaires publics et privés.
Je m’excuse auprès des élus locaux qui ont accepté de me recevoir et que j’ai convaincus qu’une télé locale pouvait être un outil de démocratie locale et de rapprochement entre la collectivité publique et les citoyens.
Je m’excuse auprès des professionnels qui ont accompagné pendant neuf mois le montage d’un projet citoyen et innovant.
A tous je demande pardon d’avoir laissé croire qu’une télévision locale pouvait être un outil de service public, d’information, de développement, de culture, de citoyenneté et de démocratie. Alors que, j’aurais dû le savoir, une télévision n’est qu’un objet de consommation, conçu par un petit nombre de spécialistes pour capter un maximum d’audience.
Vérité à Paris, erreur en deçà des collines de l’Artois. Nos élus métropolitains sont prompts à réagir pour défendre le service public, y compris celui de la télévision publique, lorsqu’il est menacé au plan national. A juste titre. Mais s’il s’agit de promouvoir un service public local, alors cela ne vaut ni un débat, ni une rencontre ni même une simple réflexion partagée.
Tele Lille: la chute !
Neuf mois durant, de janvier 2008 à septembre 2008, nous nous sommes réunis, au moins une fois par semaine, parfois plus, pour imaginer une télévision qui soit vraiment locale, vraiment innovante et vraiment citoyenne.
Neuf mois, pour une chute dont chacun aujourd'hui dit qu'elle était prévisible: la CSA a choisi de préselectionner le projet "Télé Grand Lille" et par la même occasion d'évincer le projet de "Télé lille".
La différence entre les deux est évidente: d'un coté un million d'euros en capital et deux millions de fonds propres et de l'autre 350 000 euros de capital et autant de fonds propres.
Le projet éditorial ne compte pas. A l'heure où le libéralisme bat de l'aile et se voit critiqué de toute part, il fallait bien que le CSA vole à son secours. Le regret c'est que chez les socialistes du Nord, nombreux aient été ceux qui ont suivi cette option. Il est sans doute plus facile de s'entendre avec les puissances d'argent qu'avec les militants associatifs accrochés à leur terrain.
Président de l'association Télé Lille, devenu président-directeur-général d'une société coopérative, je ne me résigne pas à un tel gaspillage. J'ouvre aujourd'hui ce blog et je commence par y présenter ma lettre ouverte. Elle vise le CSA mais aussi la présidente de LMCU, au moins indifférente aux enjeux d'une télévision locale, sans doute trop occupée par sa dénonciation des politiques nationales pour s'occuper de construire une démocratie locale ouverte et acessible.
Je décide de raconter, ici et au jour le jour, l'histoire d'un projet imbécile, celui d'une télévision où les journalistes se seraient mis au service des auditeurs, auraient ouvert des lucarnes sur les besoins des
gens et auraient incité les individus à devenir acteurs de la vie collective.
C'est un blog. Autant dire que j'y attends vos réactions, vos indignations, vos propositions. Faute d'une fréquence sur la TNT, réservée aux riches, je vous propose de faire notre petit cinéma, par écrit à moins qu'un peut d'image -et d'imagination- ne nous permette de faire un peu plus.
Partageons ensemble ce tout petit espace de liberté. Vous y êtes les bienvenus.
Régis VERLEY
Journaliste indépendant
(et qui le restera)